dimanche 11 avril 2010

Comment un psy peut-il écrire ça?

La semaine dernière, le JDD publiait un article intitulé "les grands chantiers de l'adoption".
Après lecture, j'étais décidée à ne pas en parler, tellement j'ai trouvé cet article abject, et tout simplement,  mauvais. L'adoption, le parrainage et l'humanitaire d'urgence y sont joyeusement confondus, histoire, une fois de plus, de jeter l'opprobe sur les parents adoptants. Qui se seraient décidés en étant "émus par la télévision"... sans préciser que l'obtention d'un agrément prend juste un peu de temps. De quoi bien tout mélanger dans la tête de nos concitoyens. Sympa pour nos (futurs) enfants, quand ils pourront lire ce genre de choses....Et le JDD, ce n'est pas un exemple de qualité journalistique... alors à quoi bon citer ce genre de canard?
Mais, une semaine plus tard, trottent encore dans ma tête les phrases lues, et mon indignation ne diminue pas.
Je me demande toujours comment un psy peut écrire ça:

" Le fait de ne pas être parent ne devrait pas entraîner une mort sociale. Il est tout à fait possible pour un couple de sublimer et de s’épanouir en dehors de la parentalité."

Le psy en question, c'est Pierre Levy-Soussan.... le même qui a préconisé, avec S Marinopoulos, l'arrêt des arrivées des enfants d'Haïti.
Ensuite, le journaliste détourne les propos de JM Colombani (fervent défenseur de l'adotion), pour justifier le parrainage: "Il ne faut pas confondre l’humanitaire et l’adoption. Adopter, c’est fonder une famille, pas sauver un enfant". Ce en quoi je suis tout à fait d'accord.
Pour couronner le tout, on fait témoigner Albina de Boisrouvray, qui , grâce à son association, a sauvé des enfants rwandais sur place, pour militer en faveur de ... l'abolition de l'adoption!! En on en remet une couche sur  "le parrainage, c'est tellement mieux que l'adoption, les enfants restent dans leur culture"... consternant. L'un n'empêche pas l'autre, mais c'est juste que ça n'a RIEN A VOIR.
"Franchement, l’adoption n’est pas une solution idéale, c’est un moindre mal. Peut-être vaudrait-il mieux que les couples sans enfants des pays riches investissent leur énergie et leur argent dans le soutien à une famille pauvre du tiers-monde. "
Et bien sûr, on argumente sur les échecs de l'adoption, "qui ne sont pas rares": ça, ça s'appelle du journalisme! C'est étayé, chiffré, précis! Peut-être l'article et les interviews ont-ils été rédigés par un stagiaire? LOL... Alors que ces chiffres existent.(cf. chez Zench, ou sur le site de l'ONED).
Conclusion logique de l'article par notre psy préféré, soutenu par le président de l'Unicef:
"Arrêter les adoptions dans les pays qui n'ont pas signé la convention de la Haye"
...ligne défendue par ailleurs par M. Kouchner, lors de sa conférence de presse à l'occasion de la signature des objectifs de l'AFA en novembre dernier.
Même si je ne suis pas une fervente de la théorie du complot, je vais finir par y croire: la ligne PLS/SM/Unicef s'exprime toujours dans le même sens, et semble soutenue par BK... Voir le post de Grégoire sur le sujet...

Consternant et abject. Et pénible de se sentir soupçonné lorsque l'on respecte la loi.
Tout ça crée un climat délétère, qui est franchement pesant quand on est en attente d'apparentement...
Voir aussi le post de Moushette sur cet article du JDD.

Source: JDD
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5 commentaires:

  1. Ca ne m'étonne pas que le psy soit soutenu par le Président de l'Unicef. L'image d'une vraie famille sans les gènes leur est insupportable. Ils veulent le maintien des liens de sang à tout prix, même à l'encontre de l'intérêt supérieur de l'enfant.
    Ces gens sont persuadés que tous les abandons sont dus à la pauvreté, ou du moins ils veulent le faire croire. Or, même dans les pays riches, des femmes abandonnent des enfants, alors que toutes les structures d'aides sont en place. C'est sur que si on ne veut pas un enfant et que l'on a pas les moyens financiers de l'élever, il est plus facile de l'abandonner. Mais de toute façon la grossesse n'était pas désirée. Dans les pays "riches", il y a des moyens de contraception et malgré ça des femmes tombent enceinte sans le vouloir et abandonnent l'enfant. Certaines le gardent quand même car de plus est, ce n'est pas dans notre culture. Je crois vraiment qu'il faut voir l'intérêt supérieur de l'enfant. Je ne crois pas que ce psy et que l'Unicef oeuvrent vraiment pour l'intérêt des enfants. Ils veulent imposer un modèle social qui les rassure.
    J'ai vue Slumdog Milionnaire. C'est là que l'Unicef devrait intervenir au lieu d'empêcher des enfants d'avoir une famille sous prétexte qu'ils doivent vivre dans le pays où ils sont nés.

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  2. Je pense que les personnes qui écrivent de tels articles doivent être très malheureux dans leur vie pour avoir autant de haine et de hargne contre l'adoption. Ils doivent aussi avoir beaucoup de frustrations. Comme tu le dis Kakrine, l'adoption n'empêche pas le parrainage. Beaucoup d'enfants parrainés ne sont pas adoptables.
    Il faut être conscient qu'il y a une idéologie tenace contre la création de familles sans liens de sang. L'image de l'adoption renvoit énormément de gens face à leurs propres manques dans leur famille biologique et à leur propre déception . Même si les choses peuvent ne pas bien se passer dans l'adoption, moi je regarde lorsque cela se passe bien. Et c'est parce que ça peut bien se passer qu'il faut continuer à se battre pour défendre l'adoption plénière. Et puis, même si ça se passe mal, est-ce que ce serait pour autant mieux pour l'enfant de vivre dans un orphelinat ? Je ne crois pas.

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  3. Ne dis t-on pas que l'amour vient du coeur. C'est vrai que les enfants que l'on va adopter, n'auront pas de liens de sang, mais qu'est ce qui est le plus important, le lien de sang ou celui de l'amour: pour ma part, je compte adopter et me considère comme parents de coeur.

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  4. Incompréhensible en effet. Notre fille, originaire d'Inde apprécierait. Nous formons une famille à part entière. Ne lui parlez plus de l'orphelinat, culture ou pas culture.
    Pauvre psy.

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  5. @Fox family: Comme je te comprends!

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