dimanche 9 mai 2010

les dilemmes de l'adoption internationale

C'est le titre d'un article publié la semaine dernière dans le NewYorker, par un journaliste, John Seabrook, lui-même récemment parent adoptif d'une petite haïtienne. J'ai apprécié le ton pragmatique et la transparence de l'article. Très américain, en même temps... peut-être un peu caricatural sur les postures des pros et des anti, mais bien concret. Et les quelques vérités qu'il assène...notamment sur l'Unicef... et l'allongement de la durée des apparentements.

"le débat en cours sur l'adoption internationale est insatisfaisant, non pas parce que les enjeux ne sont pas importants: ils sont énormes- mais parce que les deux parties sont souvent peu franches au sujet de leurs intérêts.
Les personnes qui soutiennent l'adoption internationale (et de nombreux supporters les plus enthousiastes sont les parents adoptifs eux-mêmes) sont rarement au fait des circonstances parfois douteuses, et souvent tragiques, dans lesquelles les enfants deviennent disponibles pour l'adoption. (...). Et c'est un fait: des gens riches, puissants obtiennent les enfants de gens pauvres et moins puissants, cela n'arrive jamais dans l'autre sens. Il y a une tendance à décrire l'adoption comme une bénédiction, même comme un miracle, mais cela ne reflète qu'un seul point de vue.
Bien que personne ne se dirait opposant à l'adoption internationale, beaucoup d'organisations contribuent indirectement à sa disparition, en menant des politiques qui font qu'il est beaucoup plus difficile d'adopter à l'étranger. Parfois, ces politiques sont mises en oeuvre par des organisations de protection de l'enfance tels que UNICEF et Save the Children, dont le principal objectif est de mettre fin à la traite des enfants. Cet objectif serait plus facile à atteindre si l'adoption internationale n'existait pas. Mais personne ne le dit ouvertement; à la place , on promeut l'adoption nationale au sein des pays d'origine. Mais l'institution de l'adoption est loin d'être aussi bien établie dans la plupart des pays à travers le monde qu'aux États-Unis et en Europe, et l'adoption d'enfants ayant des besoins spéciaux, ou d'enfants d'autres races, est encore plus rare en dehors des ces continents. Donc, en termes pratiques, ce que vous obtenez c'est des enfants qui passent des périodes beaucoup plus longues dans les orphelinats et foyers d'accueil, où les conditions de vie sont souvent insuffisantes, et parfois violentes.
Enfin, aucun pays ne veut reconnaître publiquement qu'il ne peut pas se permettre d'éduquer ses propres enfants. Et, dans le cas relativement rare où une adoption internationale ne va pas, il y a un tollé politique dans le pays de l'enfant d'origine, comme récemment en Russie. Mais la réaction de la Russie n'est pas difficile à comprendre, elle ne change pas le fait que de nombreux pays riches ont des taux de natalité faible, et de nombreux pays pauvres ont des taux de natalité beaucoup plus élevé, et il ya donc un déséquilibre global chez les enfants et les ressources nécessaires pour les sortir de la pauvreté. L'adoption internationale peut aider à faire pencher la balance un peu plus près du centre. Elle n'est pas parfaite, mais elle fait beaucoup plus de bien que de mal."
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7 commentaires:

  1. Adoption internationale.

    - Un déséquilibre flagrant entre les besoins des enfants et le désir des candidats adoptants.

    - Une réalité mondiale : déséquilibre croissant entre les besoins des enfants adoptables et les demandes des parents adoptifs potentiels.

    - Pression et concurrence des pays d'accueil sur les pays d'origine.


    Ce sont les Etats pauvres qui produisent les enfants et les riches qui les consomment. Dans ce processus, les parents pauvres sont laissés-pour-compte, ne servant seulement comme fabricants initiaux d'enfants pour d'autres personnes.

    Debora L. Spar, Harvard School of Business

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  2. Zench, dans cet extrait que tu cites, le terme de consommation me choque profondément.
    En tant que futur parent adoptant, ce n'est pas vraiment ainsi que je me positionne!!
    Kakrine

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  3. Voici la citation originale.

    “It is the poor states that produce the children and the rich that consume them. In this process, poor parents are left behind, serving only as the initial fabricators of other people’s children.”

    Debora L. Spar, Harvard School of Business (2006)

    Robinhoodism: Pitting Poor Against Affluent Women in the Adoption Industry
    By Mirah Riben and Bernadette Wright, PhD

    Dans Conducivemag

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  4. A l'attention de Zench

    Je vois plusieurs de tes messages insidieux, voire provocateurs. Aussi, je vais t'apporter mes commentaires.

    Tout d'abord, je suis vraiment heureuse et comblée d'avoir adopté mes enfants et je remercie les personnes qui les ont fabriqués.
    je ne sais pas si mon désir d'enfant est disproportionné par rapport aux besoin de mes enfants. Mais en tout cas j'affirme que mon désir d'enfant était immense (et l'est toujours) et j'en suis fière. Je ne vois pas comment on voudrait construire une famille sans désir d'enfant. Peut-être que des enfants viennent sans avoir été désirés dans des familles biologiques ! Je comprends alors pourquoi il y a tant de problèmes et je plains les enfants qui n'ont pas été désirés.
    En ce qui concerne le besoin de mes enfants, tout ce que je sais, c'est que je suis arrivée à temps pour aller chercher ma fille en Haïti. A quelques jours près, elle serait morte. Alors, dans ce cas, je vois vraiment l'urgence du besoin de l'enfant.
    Plus de dix ans après, nous nous faisons mille bisous par jour et nous nous disons sans cesse que nous nous aimons. Alors je crois que mes enfants sont heureux. En tout cas, il le disent et me répètent aussi qu'il sont heureux que je sois leur "vraie" maman et de ne pas vivre dans leur pays de naissance. Les racines ne se construisent pas dans un orphelinat mais avec des parents présents et aimants (et peu importe l'endroit) qui construisent l'enfant.
    En ce qui concerne des pressions sur les pays d'origine, je ne comprends pas et je m'en fiche. Un enfant n'est de toute façon pas prédéterminé par ses gènes et son lieu de naissance. Ce constat se voit depuis la naissance de l'humanité.
    Sais-tu que les abandons et les adoptions se trouvent aussi dans les pays dits riches ? Sais-tu qu'une femme peut tomber enceinte par accident ? Sais-tu qu'une femme peut porter un enfant sans le vouloir ? Sais-tu enfin, qu'une fois né, les parents puissent ne pas l'aimer et ne pas vouloir s'en occuper ? Sais-tu enfin que beaucoup d'enfants sont en danger avec leurs parents biologiques et n'arrivent pas à construire leur identité ? (voir les nombreux centres spécialisés). Sais-tu enfin que l'amour n'est pas une question de gènes ? Alors je le répète, un enfant ne doit pas être sacrifié.
    Pour finir, je me rends compte à quel point l'adoption dérange ceux qui n'ont pas pu construire de famille ou qui n'ont pas pu créer les liens malgré leur filiation biologique !
    En tout cas, à l'arrivée de mes enfants, je me suis engagée à contrer tous les détracteurs de l'adoption qui veulent imposer un schémas social fondé sur la primauté des liens de sang, et qui propagent des affirmations toutes faites qui n'ont pas lieu d'être !
    Tout ce que je sais, c'est que l'adoption plénière est une vraie famille et que l'enfant intègre une filiation totale d'une manière légale et légitime comme la famille biologique.
    Que les adoptés qui ont des problèmes d'identité et sont en mal être ce pose la question si cet état de fait est bien lié à leur adoption. Beaucoup de personnes non adoptées voient des psy !!!

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  5. Quand je me promène main dans la main avec ma fille, qui a la peau noire alors que je suis blonde, je fais un pied de nez à tous les racistes et les détracteurs de l'adoption.

    Christine

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  6. Zench,

    Je vais te raconter l'histoire d'un petit garçon de 1 an 1/2 qui vit maintenant dans une maison spécialisée pour enfants handicapés cérébraux, en Thaïlande.
    Aujourd'hui encore, j'en ai le coeur brisé. Je l 'ai vu dans un coins de la salle de l'orphelinat où se trouvaient regroupés tous les enfants. J'étais venue chercher mes deux enfants. Ce petit garçon, les yeux tous mouillés, se tenait assis par terre avec une toute petite jambe atrophiée. La Directrice de l'orphelinat m'avait expliqué que ce petit garçon était complètement délaissé par sa mère et qu'elle le laissait pleurer des journées entières. Un jour, il s'est cassé la jambe et sa mère le laissait pleurer sans le soigner. Les voisins entendant pleurer des jours et des jours cet enfant ont alerté les services sociaux et l'enfant a été placé dans un orphelinat. Il paraît qu'une souffrance extrême peut entraîner des séquelles graves sur le cerveau des enfants ... Ce petit garçon n'est pas resté longtemps dans l'orphelinat, du fait de son handicap mental. Je n'ai jamais oublié cette image ...
    Alors, quand on me dit que les parents aiment toujours leur enfant, que ce n'est pas leur faute s'ils l'aime mal, ou encore que le principal c'est que le lien du sang doit être maintenu pour la construction de l'identité de l'enfant, je me rends compte à quel point, les adultes parlent pas de l'intérêt "supérieur" de l'enfant mais essaient de préserver et de maintenir des clichés ou schémas sociaux au nom de la filiation biologique à tout prix. Je ne comprends pas.
    J'ai bien d'autres histoires, mais je ne peux pas toutes les citer. Si ce n'est l'histoire de cette petite fille légèrement handicapée mentale, parce que sa mère l'a prise par les pieds et tapé la tête de l'enfant contre un mur. Cette mère aimait son enfant, d'après les "spécialistes" de l'enfance. Ce n'est pas de la faute de la mère, elle aimait mal sa fille !
    Alors pour le bien des enfants, il est préférable que ceux-ci ne connaissent jamais leurs géniteurs ! Je ne vois pas en quoi les connaître leur permettrait de construire leur identité. Il faut plutôt expliquer à l'enfant qu'être géniteur n'est pas être un vrai parents. Encore faut-il que l'enfant soit en état de comprendre et qu'il ne soit pas trop tard !

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  7. Kakrine,
    Voici un mail que j'ai adressé à Jacques Hintzi (UNICEF) le 26/02/10 et sa réponse. Cette réponse montre bien l'idéologie de la France !
    Christine

    MESSAGE ENVOYE A MONSIEUR JACQUES HINTZI

    Voici l'article que j'ai trouvé dans Le Point :

    "Des ONG, comme save the children ou World Vision, craignent que, dans la précipitation pour sauver les enfants, l'accélération des procédures n'ait pour effet de briser des familles et de déraciner des enfants qui risquent de grandir dans l'isolement et la dépression. Parallèlement à ces craintes, le fonds des nations unies pour l'enfance (unicef) a annoncé vendredi qu'une quinzaine d'enfants avaient disparu d'hôpitaux après le séisme qui a frappé haïti. Il prévient que les réseaux de traite d'enfants liés au "marché de l'adoption" sont souvent actifs après des catastrophes."

    En ce qui concerne cet article :

    Vous faîtes semblant de na pas savoir que, lorsqu'un enfant est en procédure légale d'adoption, cela veut dire qu'il a été abandonné. Donc, je ne comprends pas très bien comment une accélération de la procédure briserait des familles. ces familles avaient elles-même décidé d'abandonner leur enfant !
    En ce qui concerne les racines. est-ce que des racines c'est vivre dans un orphelinat de son pays de naissance, avec comme raison unique que l'enfant y est né ?
    De quel isolement parlez-vous ? C'est être isolé que de vivre avec de nouveaux vrais parents qui ont fait le choix d'avoir un vrai enfant par adoption ? Comment pouvez-vous dire qu'un enfant (adopté) va vivre dans l'isolement et la dépression ! Comment et dans quelle famille vivrait-il sur son lieu de naissance ? N'avez-vous pas compris ou décidément vous ne voudrez jamais l'admettre que l'adoption est une vraie famille comme la famille biologique.
    Pourquoi ne dîtes-vous pas que les enfants sont en danger lorsqu'ils risquent d'être volés pour des réseaux pédophiles, de prostitution ou d'esclavage moderne ?
    Pourquoi, sans cesse vous faîtes planer des rumeurs sur le comportement de couples qui désirent adopter un enfant, afin de le choyer et de l'aimer ?
    Vous n'agissez pas pour le bien et l'intérêt des enfants. Car sinon, vous faciliteriez les procédures d'adoption (qui sont légales) qui étaient déjà presque à leur terme pour certains. cette accélération sauverait ces enfants. un enfant, pour se construire à besoin de parents qui l'aiment et peu importe l'endroit.
    ...
    Même dans les pays dits riches, il y a des abandon d'enfants.
    Vous savez très bien qu'on est pas obligé d'aimer un enfant parce qu'on l'a fait et vous savez aussi que les grossesses ne sont pas toutes désirées.
    Enfin, personne n'est prédéterminé par ces gènes et son lieu de naissance ! depuis le début de l'humanité les hommes migrent et font leur le pays où ils s'installent. Les migrations ne sont pas forcément de cause économique.
    C'est aussi facile de dire qu'un quinzaine d'enfants a disparu où sont les preuves. qui me dit que ce n'est pas encore un effet d'annonce. j'aimerai connaître la suite, car on nous a déjà fait le coût pour le tsunami.

    REPONSE DE JACQUES HINTZI PAR L'INTERMEDIAIRE D'UNE COLLABORATRICE ;

    Chère Madame,

    Concernant l'adoption internationale, nous respectons les principes de la Convention de La Haye et nous sommes particulièrement vigilants, car Haïti était malheureusement un pays extrêmement exposé au niveau des dérives en matière d'adoption.

    Je maintiens que le plus grand nombre des enfants en orphelinat avait des parents biologiques et que la meilleure opportunité pour un enfant est de grandir dans son pays natal.

    Croyez bien que sur place nous nous employons à organiser au mieux la protection des enfants.

    Je vous prie de croire, Chère Madame, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

    Jacques Hintzy
    Président

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